Les trésors de pacotilles

Publié le par Mademoiselle S

Hier, les malles sont arrivées. Ou plutôt j'ai dû aller les chercher, au centre de poste principal de Saint-Denis. Moi qui avait eu l'impression, et sur le fait ce n'en était sans doute pas une, de trimballer des tonnes d'affaires, je me retrouve maintenant avec une misérable maison d'escargot, au finale bien petite. Aurais-je encore grandi?

Dans les restes épars des feuilles marrons de papiers kraft, il y a 40 kilos de livres. Des dictionnaires d'Espagnol, des guides touristiques, des histoires de petite fille et un vieillissime exemplaire de L'Amant. Des romans détonnants de Nina Bouraoui et des chefs d'oeuvres de Ducharme. Des classiques de Baudelaire - que je n'ai jamais ouvert, je me méfie des classiques- et des livres de sciences fictions.

Le matériel à dessin aussi est arrivé. Les carnets de vie en chantier, les papiers en soie, les brillances doucereuses des flacons d'huiles. J'ai encore quatre carnets à finir et il me faudrait construir un nouveau plan de travail pour eux.

Et puis il y avait des chiffons, plein de chiffons. 60 kilos de chiffons de fille. Des vestes prunes, des dentelles nacrée. Des manteaux à l'odeur de Paris et des écharpes aussi grandes que l'horizon. Un poncho, un jean sac d'os ( je vous en parlerai plus tard, peut-être pas sur l'oreiller) et des milliards de petites pièces brodées aux bretelles, brodées aux manches, effilées aux côtés, échancrées au décolletés, brillantes, soyeuses et multiples, petites affaires de filles.

Il m'a fallu bien sûr faire un décompte honorable aux 14 kilos de chaussures. Des bottes, des bouts ronds, des talons carrés, des talons aiguilles. Quelques strass et paillettes qui cotoient gentimment les petite savate de daim noir et les clochettes des babouches indiennes. Seule manque à l'appel une chaussure bleue, qui laisse sa presque pareille orpheline.

Evidemment, le futon de toutes les consolations dort encore dans sa boite.

C'est un maigre trousseau pour commencer une vie. Au final les filles n'entassent pas tant que ça. En fait les filles, ça ne fait que se consoler. Alors j'ai achevé la petite vendeuse aussi rieuse que ces tâches de rousseur, chez Réserve Naturelle. Et me voici partie pour rajouter à mon trésor de pacotilles, quelques boucles d'oreilles argentées.

Et comme si mes pensées traversaient les murs, jusque loin loin là bas, ce matin au reveil qu'est ce que j'ai trouvé? Un cadeau en forme de Senséo. Chouette, mais aurai-je la cuisine?

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Publié dans Carnet de Vie

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