De l'art de se taper contre les murs

Publié le par Mademoiselle S

Je vis allongée en ce moment, mon dos est aux abonnés absents. J'ai écouté de la musique. J'ai lu des livres, j'ai ressenti les moindres particules d'air sur mon corps, pendant des heures, des heures.

Il y a comme une odeur de fin de règne dans l'air, une fin d'été qui s'amène, comme ça, là, pour peser à terre mon corps oisif. Mon esprit oisif. Comme je fais constamment, j'ai cherché. J'ai ouvert tous les livres et j'ai cherché. De Balzac qui m'a dit que la beauté gouvernait le monde, jusque Montaigne qui m'ordonna de ne point faire ce que je ne voudrais pas que l'on me fasse. Pas de réponse. J'ai cherché dans ma tête, j'ai suivi le cheminement de mes veines le long de l'interieur de mes bras, derrière la peau miel et translucide. Pas d'issue. J'ai regardé la lune, j'ai fait des dessins dans le sel. Rien n'y fera, je me tape toujours contre mes murs à moi, du dedans. Il y a dans l'air des relents d'agacements parce que je ne trouve pas les mots pour me dire à moi même ce que je cherche.

Alors, logiquement, je me tape contre les murs des autres, brouillon.

Alors, logiquement, je fais l'enfant, comme une lolita alanguie, et ça n'énerve même pas les gens.

Alors, logiquement, je me fatigue toute seule.

Comme une mouche dans un bocal.

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S
Peut-être devrais-tu simplement écouter ton coeur...
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