La brosse à dent

Publié le par Mademoiselle S

ll

Il y a une sorte d'immobilité dans l'appartement. Depuis que Petite est repartie, et les vacances avec, il n'y a plus rien. Je ne fais plus rien. Paradoxe de la fille dans son fauteuil qui a râlé toutes les semaines pour n'avoir jamais de grasse matinée, ni d'après-midi à se dorer au soleil, et qui maintenant qu'on lui offre le seul jour de repos, sent peser sur sa peau tout le lourd poid de l'immobilité d'un appartement. Je ne fais rien mais je perçois : les voisins à droite, ceux de gauche, et celle du dessus. Frappant, le contraste, entre la vie et mon absence de. En face je vois celle qui passe son aspirateur jusque sur sa terrasse. A côté, comme chaque soir, les imbéciles musclés font de la musculation. Je le sais au rythme de métronome du bruit du poid en fonte sur la machine. Et deux. Et trois. Et puis il y a la cocotte anonyme qui siffle quelque part. Sur mes bras, sur mes sourcils, l'immobilité pèse lourd. Il n'y a plus qu'une brosse à dent dans le verre.

Publicité

Publié dans Carnet de Vie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article