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Un beau matin, une pelleteuse, un camion et une artillerie d'ouvriers dans les vastes cours de mon ensemble d'immeubles. Ni une ni deux, je file aux informations : comme tout ici se passe par piston, il ne sera pas surprenant pour le lecteur que j'aie un oncle assis dans un des bureaux de l'agence immobilière la plus voleuse de l'île, Apavou pour ne pas les citer. Ici, comme presque partout ailleurs, l'endroit où l'on habite est un facteur social déterminant. On a une voiture, on choisit l'école que fréquenteront les enfants, et surtout, surtout, on choisit son quartier. Du coup, la mixité sociale se fait ici grâce aux métropolitains souvent peu attachés à la chose matérielle, puisque de passage dans l'île, ou encore des employés à la recherche d'un lit stratégiquement placé dans le chef-lieu. Bien qu'il ne soit pas ouvertement désigné ou assigné comme tel, j'habite dans le quartier le plus estudiantin de la ville, puisque sans surprise, la factulté et le rectorat sont à mes pieds ( enfin, façon de parler).
Il semblerait donc qu'il y ait scission au sein même du grand nombre d'appartements de la résidence. Une partie, la partie V.I.P, a été rachetée et est en passe de devenir un copropriété à la gestion privée. Aussitôt dit, aussi fait, des barrières sont dressées, une piscine est construite et des digicodes installés.
Orgueil ou juste mauvais caractère, j'ai toujours eu horreur de me retrouver d'un côté de la barrière. Alors que les murs fatigués de mon immeuble toussent tous les jours plus, alors que j'imagine des tendances décos pour les parties communes, l'appartement que j'ai si peu choisi ne me convient plus. Résolution 2007 : je déménagerai dans la partie V.I.P.
J'assume mes goûts de luxe, comme dirait l'autre.