Le coiffeur

Publié le par Mademoiselle S

J'ai claqué 150 euros de coiffure cette semaine. Mais l'information principale n'est pas là. Non, non, c'est le prix normal pour un shampoing, coupe, brushing, soin, mèches, suplément longueur pour les mèches, pour le brushing et pour le soin. Non ce que je voulais vous raconter, c'est comment j'en suis venue à marcher sur mes principes pour les yeux, mais alors là, les beaux yeux, du coiffeur du tout premier salon d'Italie II, Fabio Salsa pour ne pas le citer. Courrez-y les filles, mais allez-y.

En fait, moi, c'est parce qu'il avait débrouillé la crinière de Petite que je me suis décidée à y aller, la mienne étant toute piteuse. Et là forcément, ce fut le coup de foudre. Même pas eu le temps de comprendre les réactions chimiques dans mon cerveau que ma bouche s'est mise à faire un sourire jusqu'aux oreilles, mes gestes à devenir lents et suaves ( enfin, essayer de), et mes cils à jouer à la biche. Pour moi, le monde marche dans un sens, celui de la parité. T'en fais un peu, j'en fais un peu. Ou l'inverse. C'était l'un des grands principes de ma vie. Jamais je ne passerai la serpillère devant un mec, jamais, jamais, jamaissssssss. Hin, hin hin, c'est malin de dire ça quand on a 15 ans et un corps de déesse, parce qu'à 22 et des vergétures, célibataire depuis un an et demi, ça le fait tout de suite moins. Comment donc draguer un mec, moi qui n'ai jamais dragué personne? J'ai d'abord tenté la méthode Petite. C'est simple, il s'agit de faire semblant de dévier l'attention sur Petite pour en fait me mettre en valeur. Je sais, c'est méchant et facile, mais Petite et moi avons un accord de principe commun et des échanges constructifs à ce sujet. Devant la bonne réussite de la méthode, je suis passée à "vous savez où je vis? Sur une île paradisiaque." Petite ayant quitté le salon non sans avoir écrit sur son front, en lettres bien visibles seulement de moi " J'te laisse puisque je gêne", je me suis donc retrouvée à proposer pas très sérieusement à ce gentlemen une nouvelle vie entre cocotiers et bananiers, avec sa doudou créole et son salon de coiffure à côté. Et je lui ai léché les bottes jusqu'à la dernière mèche du dernier coup de laque.

Mais la pêche fut peu productive. Il ne viendra pas. Mais il ne m'a même pas invitée à prendre un verre. Dire que je ne me serai même pas offusquée qu'il m'invite à prendre un verre chez lui.

La question est donc grave à l'heure qu'il est : était-il homo ou mon sex-appeal a-t-il de serieux problèmes? Bon, la bête faisait l'air méditéranéen, portugais peut-être, chaîne et croix au cou, poilu, et pas efféminé pour un sou ( bien au contraire sic). Ca fait pencher la balance dans le côté des hétéros hin. Pourtant il est coiffeur, il porte une bague à l'annulaire gauche, mais ce n'est pas une alliance, enfin on dirait pas. Il a déclaré sur le ton de la blague être pacqsé et sa chanteuse préférée c'est madonna. Vous auriez pas des doutes à ma place? Et puis on a un argument de taille. C'était trop beau pour être vrai. Il était trop beau pour être vrai. Et puis c'est son métier d'avoir du bagou. Ou plutôt ça fait l'air d'être une seconde nature chez lui...

Première drague et première veste. Je me sens encore toute étrange.

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Publié dans Carnet de Vie

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