Et pendant ce temps là, Blog-moi

Publié le par Mademoiselle S

Et pendant ce temps là, les affaires courantes suivent leurs cours. Les affaires courantes, c'est le traitement mutualisé entre Petite et moi de l'inondation de paperasses, de listes de trucs à faire, et de gestion des petits méchants de notre vie. Comme on ne perd pas si vite nos habitudes et parce que dans rupture de bail, il y a quand même le mot bail, il nous reste encore beaucoup d'affaires sur les bras. J'ai ainsi appris, comme si j'y étais : que les voisins techno-paradeurs se sont une fois de plus fait zapper par EDF, ils carburent donc avec une petite radio à pile. Que la méthode je suis désolée a fonctionné avec l'expert désigné par l'assurance pour un énième dégâts des eaux.  Que Bisounours (notre propriétaire) fait bel et bien partie d'une famille Bisounours, ce qui lève le voile sur ses origines extra humaines. Et que le plombier Domingo a rappelé pour savoir si sa soudure tenait le coup, parce qu'autrement, en passant prendre un café il pouvait...

                                  

Et nous ne ferions moins les malines sans la technologie et les services à la personne : pendant que Petite n'est pas là, ses courriers sont déroutés chez moi. De chez moi, il me faut donc appeler à sa place pour confirmer ou infirmer ses rendez-vous. Et pour se faire, j'ai besoin d'avoir accès à ses données personnelles : codes bancaires, emploi du temps, numéro d'étudiante et j'en passe et des meilleures. Vive les programmes de connexions bureaux à distance et les calendriers partagés. Et vive le blog peut-être? Car à côté des affaires courantes, il y a la vie courante. Je ne me suis pas mise à écrire pour des gens qui me connaissent pour de vrai, bien au contraire, mais j'en connais quelques uns qui suivent ma vie par résumé sur ces pages, chaques jours. C'est bien mignon : quand on se retrouve on passe directement à l'actualité du jour, mais tout de même, mon téléphone sonne beaucoup moins qu'avant. La désincarnation qu'induit Internet me rend un peu évanescente dans leurs vies, et j'ai l'impression de déranger presque lors de nos têtes à têtes. Etrangement, plutôt que de m'être rapprochée d'eux, j'ai l'impression d'être devenue une entité floue et annexe, accessible uniquement par écran interposé. Et pendant ce temps là, j'encourage leur paresse amicale en bloguant ma vie.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article