Et pendant ce temps là, la vie

Publié le par Mademoiselle S

En plein milieu de la nuit, j'ai du aller départager l'altercation féline qui faisait rage dans mon garage ( je sais ça rime) entre Moustache ( maillot siamois) et Monsieur Jaune ( maillot tigré) et dont le trophée devait être l'estime de mon petit chat.

Après les avoir fait rentrer chacun chez eux, les yeux encore embués d'un sommeil troublé, je me suis arrêtée un instant sur la petite terrasse en me demandant qui avait oublié d'éteindre la lumière, baignée que j'étais par la douce clarté. Et surprise, de constater que non, toutes les lumières étaient bien éteintes. Il s'agissait juste de la lune, presque pleine hier soir. J'étais dans un bain de lune. Elle me regardait -non pas de son oeil unique- mais plutôt de son ventre rond, avec un calme olympien et une pérennité au delà du temps.

Puis il s'est mis à pleuvoir, doucement, très doucement : de petites gouttes calibrées, mesurées, silencieuses et douces. On aurait dit qu'une main divine saupoudrait avec amour les fils d'anges de mes cheveux.

Après ces années parisiennes, il y avait une couche si opaque de pollution sur mes paupières et sur les étoiles de Paris, que j'avais oublié qu'un ciel la nuit, ça pouvait être ça.

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