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Carnet littéraire

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Samedi 10 mars 2007

Je soir, je suis en vrac, alors je poste en vrac:

Un soir alcolisé, quelqu'un l'a dit. Je ne sais plus qui, de moi, de Petite, ou de la bouteille de Malibu, mais ça a été dit : un homme qui doute doutera. Ca m'est revenu brusquement un soir. On devrait rajouter ça à la devise de la France.

Au boulot, on m'a demandé j'étais quoi. Dans le sens racial. Première fois qu'on me le demande ici. Ca vous paraît rien, mais c'est important ici. Dans le geste ou dans le rictus au coin des lèvres, ça veut dire que je m'éloigne d'une famille de gens.

Je promets que j'arrêterai de vous faire des notes en packaging, comme quand vous êtes abdonné à un journal et que vous les recevez en retard, tous en même temps.

Je me demande si M. Sexe ( je vous avez dit que c'était le surnom officiel du dernier garçon en date?) a vraiment une femme. Parce qu'il est toujours de toutes les parties, surtout celles qui ressemblent à des soirées avec sa quinzaine d'élèves hormonalement déréglées. Par ailleurs il a une liste d'attente en salle des profs, en terme d'amoureuses faut comprendre. Aussi, j'aurai du mettre un copyright sur mes trucs pour faire cours tranquille. Vous savez, je mets un bijou étrange et fascinant et les mioches sont stochés pendant l'heure. Bin lui, il met des pantalons jeans tendances avec des trucs écrits sur les deux fesses. Ca, ça devrait être interdit. Pas par l'éducation nationale, mais juste parce que c'est pas permis d'être aussi sexy.

 

Par Mademoiselle S - Publié dans : Carnet de Vie
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Jeudi 8 mars 2007

Ca se passera pas sans une note hin? C'est la journée de la femme. Et today, pas de tartelette à la fraise, juste moi, pas cours, alors ménage. Une journée sans sortir. Du coup je vais peut-être essayer de vous caser une note littéraire, maintenant que vous êtes déjà là. Je vais faire des ronds de jambes pour vous exposer mon travail universitaire, qui me préoccupe de plus en plus. Alors prenez un oreiller.

Pour se construire, il faut un mythe personnel, qu'on appelle l'histoire de la famille, en gros, et il faut des mythes collectifs, pour quand même appartenir, ou pas, à une société.

Pour les mythes personnels je peux rien pour vous.

 Par contre, femmes, et femmes insulaires, je professe l'effondrement de tous mythes. C'est ce que j'ai appelé le mythe de la poussière. Rien, ou plutôt tout, se déconstruit systématiquement et rien ne saurait plus jamais se construire dans l'ère dans laquelle nous vivons. A terre le mythe de la bonne mère. A terre le mythe de la pulpeuse écervelée. A terre le mythe de blanche-neige qui s'appelerait Bonnacieux chez D'Artagnan. Le mythe de Milady, la méchante sexy et cruelle, pousse ses derniers râles. A peine esquissés se meurent aussi les mythes de femmes fortes, les poteaux-mitants, ou des femmes indépendantes. Plus aucune référence, jamais, nulle part. Il y a là une peur du vide que la littérature explore avec délectation. Je professe que ces mythes s'effondrent pour se couler, se diluer, dans trois choses, et avec un seul objectif, la reconquête d'un absolu pouvoir. Et notez bien que le mot absolu précède le mot pouvoir.

Notez par ailleurs que je ne pleure pas, je professe. Il faut savoir que les femmes elles mêmes les abattent, avec pour nouveau champ de bataille sanglant, l'écriture. Il y a d'abord La religion. Il y a longtemps que nous la piétinons, il faut bien commencer quelque part. Surtout sous nos tropiques. Mythes chrétiens et mythes sorciers ont donné naissance à un syncrétisme religieux favorable  à l'avènement d'une femme absolue. Parées du mystère de pouvoir donner la mort comme la vie, nous avons su renverser ce qui a longtemps été notre joug : la place délicate de celle qui n'est ni à la droite, ni à la gauche, mais bien juste au dessous de Dieu. Ainsi nous vous avons enchanté, en chantant parfois, des légendes, des histoires, des bricolages de guérisseuses et de femmes qui enlèvent le feu. De sorcières ou de saintes. A force de malaxer les mythes religieux féminins nous avons élaboré le premier mythe de la poussière : celui de l'absolue capacité. Celle de faire vivre, celle de faire mourir.

Quand nous en avons eu fini de la religion, nous nous sommes attaquées aux frontières. Toutes les frontières. Ils avaient déjà bien pietinné le mythe de l'île Paradis, alors nous n'avons eu qu'à trouver un moyen pour exploser des frontières bien plus actuelles. Celles autour de nos corps. Il y a eu un resserrement des frontières autour de nous. Des murs, parfois physiques, dans lesquels nous étions muettes. Quelques fois il s'agissait de murs des ghettos, alors de frontières en enfermements nous en étions arrivés à une exclusion sociale, à une exclusion de la parole, nous tous, hommes et femmes. Et encore, toujours, puisque dotées de l'absolue capacité, il nous a fallu créer un mythe de l'échappée, un nouveau mythe de la poussière. Comment faire entre quatre murs? Il faut regarder par terre. La remythification s'est faite par le sol et la terre, par notre île. On s'est coulées, on est devenue boue, et poussière. C'est ça, ça vient de là, cette tendresse, cet accord, cette synesthésie avec l'île.

Et de là nous avons pu détruire un dernier mythe, celui du corps. Puisque mon corps est boue, et est poussière, vous pouvez le traverser, le prendre, l'avaler et le profaner, mon pouvoir est ailleurs. Alors nous avons laissé les hommes nous rouager comme ils le voulaient pendant des décénnies et celà n'a pu rien enlever à la force de notre matriarcat. Ils nous violaient, ils nous battaient, mais nous avons produit des filles debout. En fait ils ne faisaient que traverser notre vide. Une des conséquences littéraires remarquables est l'invasion des monstres dans la littérature océannienne. Elles accouchent toutes de monstres. C'est bien ça qui est en train de leur faire peur. Ils n'ont plus aucun pouvoir. Pire, ou mieux, nous faisons comme eux. Les Petites couchent, les Mademoiselles approuvent. De mon corps morcelé et difforme, dont aucune religion ne dispose, je fais donc mon absolu pouvoir , qui s'écrit, tatônnant, puisque nous n'avons plus aucun modèle. Conséquence ici formelle : ma poétique dissoute du Je.

Par Mademoiselle S - Publié dans : Une petite place pour les mots
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Mercredi 7 mars 2007

Les filles célibataires, surtout les nouvelles célibataires,elles vont chez le coiffeur. Ayé pour Petite, qui joue fièrement d'une toute nouvelle mèche du 16ème et qui s'est fait un nouveau copain coiffeur gay.

Quid de moi? Lors d'un débat de fille de midi, il est apparu que les hommes aiment : les grains de beauté isolés, les chaînes de chevilles, les cheveux lisses et accessoirement les ongles vernis courts.

Comme une mouche autour d'un gâteau, l'idée dérange et justement en devient incontournable. Et si je me lissais le cheveux? Pour ceux qui ont suivi, ils sauront que j'ai la touffe et que depuis que le monde est monde, je l'assume et même je l'aime. Mes cheveux ne sont démêlables que mouillés, et coiffables qu'une seule fois, après avoir été mouillés. Ce qui signifie que je les lave tous les matins, mais surtout que j'ai toujours la même crinière indépendante de ma volonté. Mais voilà, comme on ne naît pas femmes, les hommes ont inventé des instruments de torture, dans le genre lisseur, pour nous faire devenir femmes au cheveu lisse. Outre le fait qu'il ne s'agit ni plus ni moins que de mettre un fer à repasser sur mes cheveux, le problème est quasi déontologique. La déontologie de la séduction. Avoir le cheveu lisse, c'est le summum du camouflage, c'est une vile tromperie sur la marchandise. C'est vrai quoi, j'aurai l'air d'une pussycat dolls de plus mais surtout, que fera l'homme le matin au réveil quand mon cheveu frisotera dangereusement? Quand il s'apercevra que non, on ne peut pas passer une main dans dedans sous peine de perdre un doigt? 

Entre parade amoureuse et honnêteté, on retourne souvent sa veste en amour. Parce que oui messieurs, pour vous attirer on met des soutien-gorges rembourés, du maquillage sur nos boutons, des lentilles de couleurs sur nos yeux délavés et on lisse nos cheveux, mais en même temps, n'est-ce pas notre teint lumineux, notre fesse rebondie ou notre cheveu brillant qui ont attiré votre oeil afin que votre coeur se pose la question de notre personne? (C'était poétique hin?)

Bref, le Liss and Shine de Remington est en chemin vers le point relais de La redoute, mais la question reste entière : vais-je me fourvoyer?

Par Mademoiselle S - Publié dans : Carnet de Vie
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Mardi 6 mars 2007

J'ai honte de l'avouer, mais ça faisait bien un semestre que je n'avais rien lu. D'où l'effacement du carnet littéraire de ce blog. Et la lecture c'est comme l'amour, moins vous le faites, plus vous avez peur de recommencer. Alors la semaine dernière je me suis rendue à la médiathèque de Saint-Denis. Pas particulièrement attrayante, elle possède un fonds de qualité inégale dans lequel on peut tout de même faire un bon marché. Et me voilà, de nouveau, dans un lit, en culotte et brassière, lumière tamisée, à entamer des têtes à têtes avec des pages.

Alors je témoigne. Lire, c'est comme l'amour ou le vélo. Ca s'oublie pas.

En 2007, je rentre en littérature.

Par Mademoiselle S - Publié dans : Carnet de Vie
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Lundi 5 mars 2007

Je vous préviens, ceci est une note très très blonde. Le midi, c'est débat de filles. Et ça, aucune oreille masculine, même celle d'un sociologue motivé ou celle d'un thibétain en pénitence ne pourrait le supporter. Pour vous donner un exemple, avant hier midi, c'était débat de filles de lunettes. En voilà une terrible mais vraie et importante question : faut-il assortir les lunettes solaires à la fille, ou à la voiture?

Prenons mon cas, avant, j'avais des lunettes solaires discrètes, marrons, qui cadraient fort bien avec la vieille chose courageuse qui me sert de voiture. Les choses étant bien faites, le premier geste de Petite une fois descendue de l'avion a été de s'asseoir dessus. Heureusement pour elle, en achetant des fausses Dolce & Gabana au maroc, elle m'avait acheté des fausses Dior. Me voici donc avec le sourcil de star dépassant des petits diamants sur le haut des lunettes, le visage aux trois quarts masqués par le noir des verres, pour le cas où des paparazis me poursuivraient, vous comprenez.

Du coup, que faut- il changer : les lunettes, la voiture, ou arrêter d'importer des filles de Vénus?

                                       

Par Mademoiselle S - Publié dans : Carnet de Vie
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